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Pêche en mer : réglementation pour les plaisanciers

Par Rédaction 5 min de lecture
Pêche en mer : réglementation pour les plaisanciers

La pêche de loisir en mer est une tradition ancrée chez de nombreux plaisanciers, offrant une connexion unique avec l'élément marin. Cependant, face à l'érosion de la biodiversité et à la pression sur les stocks halieutiques, l'année 2026 marque un tournant décisif. Entre le déploiement de nouveaux outils numériques de déclaration et l'ajustement des quotas pour les espèces emblématiques comme le bar ou le lieu jaune, naviguer avec une ligne à l'eau demande aujourd'hui une connaissance pointue des textes en vigueur. Que vous pratiquiez la traîne, le lancer-ramener ou la pose de casiers, voici le point complet pour rester en conformité avec la loi.

Réponse rapide : En 2026, la pêche de loisir reste sans permis mais soumise à des règles strictes : marquage obligatoire (caudale coupée), tailles minimales (ex: 42 cm pour le bar en Atlantique) et quotas journaliers. Nouveauté majeure : la déclaration des "espèces sensibles" devient obligatoire via l'application RecFishing dès février 2026.

Les nouveautés 2026 : l'application RecFishing et la déclaration des captures

L'Europe a franchi une étape historique dans la gestion de la ressource marine. Le suivi des prélèvements n'est plus réservé aux seuls professionnels.

L'enregistrement obligatoire des pêcheurs

Depuis le 12 février 2026, tout pêcheur de loisir de plus de 16 ans doit s'enregistrer sur la plateforme nationale liée au système européen. Cet enregistrement, gratuit, génère un identifiant unique valable 12 mois. L'objectif est de mieux quantifier l'effort de pêche récréative à l'échelle du continent.

Déclaration des "espèces sensibles"

L'utilisation de l'application mobile RecFishing est désormais impérative pour déclarer, le jour même, la capture des espèces jugées vulnérables. En 2026, cette liste inclut prioritairement :

  • Le Bar européen (Dicentrarchus labrax) ;

  • Le Lieu jaune (Pollachius pollachius) ;

  • Le Thon rouge (Thunnus thynnus) ;

  • La Dorade rose et la Daurade coryphène.

Quotas et périodes de fermeture : focus sur le Bar et le Lieu jaune

Les limitations varient selon votre zone de navigation. Il est crucial de savoir si vous vous situez au nord ou au sud du 48ème parallèle (environ au niveau de la pointe du Finistère).

En Manche et Atlantique (Zones CIEM 7 et 8)

  • Le Bar : En zone Nord (7), le quota est généralement fixé à 2 spécimens par jour et par pêcheur, avec une période de "no-kill" (remise à l'eau obligatoire) en février et mars pendant la reproduction. En zone Sud (8), le quota peut varier selon les derniers arrêtés préfectoraux (souvent 1 à 2 bars).

  • Le Lieu jaune : Une mesure de protection stricte est en place avec une interdiction de conservation du 1er janvier au 30 avril. Durant cette période, seul le "pêcher-relâcher" est autorisé (sous réserve de survie du poisson).

En Méditerranée

La réglementation y est traditionnellement différente. S'il n'existe pas de quota numérique national aussi strict que pour le bar atlantique, la pression monte et des limitations locales peuvent être instaurées par les Directions Interrégionales de la Mer (DIRM).

Tailles minimales de capture : respecter la "maille"

Prélever un poisson trop jeune, c'est l'empêcher de se reproduire au moins une fois. Voici les tailles minimales (longueur totale) à respecter scrupuleusement sous peine d'amende.

Espèce

Manche / Atlantique

Méditerranée

Bar / Loup

42 cm

30 cm

Lieu jaune

42 cm

30 cm

Dorade Royale

23 cm

23 cm

Maquereau

20 cm

18 cm

Sole

25 cm

24 cm

Rouget

15 cm

15 cm

Matériel et engins autorisés à bord d'un navire de plaisance

Un bateau de plaisance n'est pas un chalutier. Le nombre d'engins est strictement limité par personne embarquée ou par navire.

Lignes et cannes

Vous avez droit à des lignes gréées avec un maximum de 12 hameçons au total par navire (un leurre comptant pour un hameçon). Pour certains types de pêche, la limite peut descendre à 5 hameçons par personne.

Casiers et filets

  • Casiers : Limité à 2 casiers à crustacés par navire, peu importe le nombre de passagers. Ils doivent être marqués au nom et numéro d'immatriculation du bateau.

  • Filets : L'usage d'un filet trémail ou maillant est interdit dans la plupart des zones de loisir, sauf dérogations locales historiques très encadrées (longueur max 50m).

  • Palangres : Maximum 2 palangres munies de 30 hameçons chacune.

L'obligation de marquage : la règle de la nageoire caudale

Pour lutter contre la vente illégale de poisson (la revente du produit de la pêche de loisir est strictement interdite), le marquage est obligatoire dès la capture.

Règle pratique : Vous devez couper la partie inférieure de la nageoire caudale (la queue) de chaque poisson conservé. Ce geste doit être effectué dès la mise à bord. Attention, le marquage ne doit pas empêcher la mesure de la taille légale du poisson, qui doit rester entier.

Sanctions : ce que risquent les contrevenants

La gendarmerie maritime et les inspecteurs des affaires maritimes veillent au grain. Les contrôles portent sur :

  1. Le respect des tailles : Une seule pièce sous la maille peut entraîner une amende de 150 € à 1 500 €.

  2. L'absence de marquage : Assimilée à une intention de vente illégale.

  3. Le dépassement de quota : Sanctionné lourdement, avec risque de saisie du matériel de pêche et, dans les cas graves, du navire.

Conclusion

La pêche en mer en 2026 est plus que jamais un acte responsable. En téléchargeant l'application RecFishing et en respectant les périodes de repos biologique, chaque plaisancier devient un acteur de la préservation. La mer nous offre beaucoup, sachons lui rendre en respectant ses règles.

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